FEB Focus conjoncture (été 2026) – La crise en Iran met la fragile reprise à l’arrêt

Que constate-t-on au niveau international ?

La nouvelle analyse conjoncturelle de la FEB montre qu’une reprise économique encore fragile est une nouvelle fois freinée par un choc d’offre externe. L’impact de la crise iranienne dépasse largement le seul secteur de l’énergie et affecte également les prix des matières premières, les anticipations d’inflation, les décisions d’investissement et la compétitivité. Ce que les institutions internationales qualifient de plus en plus de geo-economic fragmentation devient ainsi une réalité de plus en plus tangible.

  • Économie mondiale : les perspectives de croissance sont revues à la baisse à 3,1 %. Les tensions au Moyen-Orient viennent s’ajouter aux barrières commerciales existantes et à un contexte géopolitique déjà incertain, avec des répercussions sur les prix de l’énergie, des métaux et des denrées alimentaires.
  • États-Unis : l’économie américaine demeure relativement résiliente grâce aux investissements dans l’intelligence artificielle, les centres de données et la digitalisation, qui soutiennent la productivité et la croissance. Les marchés suivent néanmoins avec attention la manière dont le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, entend concilier stabilité des prix, emploi et croissance économique durable.
  • Chine : l’industrie et les exportations continuent de soutenir la croissance, mais la faiblesse de la demande intérieure, les difficultés persistantes du secteur immobilier et la dépendance aux marchés extérieurs illustrent la transition complexe vers un modèle de croissance davantage porté par la consommation intérieure.
  • Europe : la zone euro flirte avec la stagflation. En tant qu’importatrice nette d’énergie, l’Europe reste particulièrement exposée aux chocs géopolitiques. Le défi consiste à préserver simultanément la stabilité des prix, la capacité d’investissement et la compétitivité de l’économie européenne.
  • Allemagne et France : l’Allemagne subit les conséquences de coûts énergétiques élevés et d’une concurrence internationale accrue, tandis que la France est freinée par des incertitudes politiques et budgétaires qui compliquent la mise en œuvre des réformes structurelles.
  • Espagne et Pays-Bas : ces deux économies font preuve d’une plus grande résilience grâce à une demande intérieure plus soutenue, à l’investissement et à une dynamique favorable du marché du travail, soulignant l’importance d’une économie domestique robuste.

Et la Belgique ?

La Belgique se trouve au cœur de cette dynamique internationale. La consommation privée demeure pratiquement le seul moteur de croissance, mais le nouveau choc inflationniste commence lui aussi à l’affaiblir : l’inflation est passée de 1,65 % en janvier à 4 % en avril. Les entreprises continuent d’investir avec prudence, en privilégiant principalement l’efficacité énergétique et la rationalisation, tandis que le durcissement des conditions de crédit exerce une pression supplémentaire sur les décisions d’investissement. Par ailleurs, les exportations contribuent à peine à la croissance économique. Les perspectives de croissance pour 2026 ont dès lors été ramenées à 0,5 %. Pourtant, la croissance économique reste essentielle pour préserver notre prospérité et permettre l’assainissement budgétaire nécessaire. Il est donc important que l’effort budgétaire ne porte pas davantage atteinte à la compétitivité des entreprises et continue à offrir un cadre favorable à l’investissement et à une croissance durable.

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FEB Focus conjuncture (été 2026)
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